Quelle est l’importance de l’entrepreneuriat en Afrique ?

Avec une population de plus de 70% de jeunes, le continent africain est un terreau fertile pour l’innovation. C’est ce qui en fait un marché propice par essence à l’entrepreneuriat. Ce dernier vous permet d’avoir une certaine indépendance financière, de devenir votre propre patron et de réaliser le rêve de votre vie.

Si chacun à ses propres motifs pour se lancer dans l’entrepreneuriat, ce qui demeure invariable est la difficulté de réussir. En Afrique, c’est encore plus difficile malgré la jeunesse de la population et les nombreux secteurs d’activités qu’on peut investir. Qu’il s’agisse d’obstacles sociaux, économiques ou même administratifs, beaucoup d’entrepreneurs se découragent et abandonnent.

Toutefois, cela n’enlève en rien l’importance de l’entrepreneuriat pour ce continent riche en ressources mais pauvres économiquement. Le challenge est alors de relever les défis et de contourner les écueils. En effet, l’entrepreneuriat est pour l’Afrique et les africains, une alternative, sinon la meilleure voie qui mène au développement.

La promotion de l’entrepreneuriat en Afrique

La promotion de l’entrepreneuriat en Afrique est pilotée par les organisations internationales comme l’ONU, le PNUD ou des ONG. Les gouvernements des pays africains mettent également en place des directions et autres structures étatiques de promotion de l’entrepreneuriat afin de pousser les jeunes vers ce système d’autonomie et d’auto-emploi. Aujourd’hui, le discours tourne autour du slogan « l’Etat ne peut pas donner un emploi à tout le monde ». En réalité, ils veulent expliquer que tout le monde ne peut pas devenir fonctionnaire, surtout dans un pays majoritairement jeune.

Toutefois, il existe des obstacles visibles sur cette promotion. Il s’agit par exemple de la focalisation sur les diplômés en chômage et sur un formalisme qui laisse en rade un secteur informel gérant 80% de l’économie. De ce fait, on se demande si la promotion de l’entrepreneuriat en Afrique peut avoir les fruits escomptés. Malgré les efforts fournis sur le plan juridique, notamment avec le statut de l’entreprenant en droit OHADA, les populations sont encore réticentes au formalisme. Alors serait-ce à l’Etat de s’adapter ou aux populations de se régulariser ?

L’instauration d’un climat propice à l’entrepreneuriat

Les lourdeurs administratives sont les principaux problèmes de l’environnement des affaires. Il s’y ajoute des subventions annoncées qui ne se font pas voir ou ressentir sur le terrain. Parfois, il y a un clientélisme politique qui mine les fonds d’appui à l’entrepreneuriat, d’où un manque de transparence dans les procédures d’octroi et un taux d’échec élevé. Cependant, il existe des exemples de réussite, notamment avec le digital qui permet aux entrepreneurs de se regrouper dans des plateformes d’entraide et d’information. Parfois, les lourdeurs administratives s’accompagnent d’une mauvaise communication qui fait que les destinataires des programmes d’appui ne sont même pas au courant de l’existence de ces programmes.

Tout cela contribue à polluer le milieu des affaires en Afrique, ce qui nécessite un assainissement et un allègement véritable. Certains spécialistes vont jusqu’à prôner une totale refonte du système, surtout dans la considération caduque du secteur informel comme étant un secteur hors Etat. Enfin, la digitalisation ou dématérialisation des procédures administratives pourrait être un pas important vers un climat attractif pour l’entrepreneuriat en Afrique.

L’accès au financement en Afrique

Le financement en Afrique est un réel problème pour l’entrepreneuriat. Cela s’explique aisément car le continent est pauvre et les établissements financiers ne sont pas des philanthropes. Ainsi, le premier obstacle avec les banques est le respect de normes prudentielles qui éliminent de facto la majorité des entrepreneurs. Puis, il y a les organismes de microcrédit qui sont plus accessibles mais avec des taux exorbitants qui ne permettent pas à l’entrepreneur de s’en sortir. On peut retrouver des taux d’intérêt allant de 4 à 11% pour les banques et des taux de 10 à 18 % pour les organismes de microcrédit.

Par ailleurs, on peut trouver en Afrique des structures gouvernementales d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. L’accès au financement est grevé à un formalisme lourd avec des documents qui sont souvent difficiles à avoir.

En gros, la solution serait de revoir les taux d’intérêts des prêts, d’adapter les conditions aux réalités économiques du continent et d’appliquer plus de transparence à l’octroi des financements.

L’accompagnement des entrepreneurs

Vouloir entreprendre est une chose, en avoir la capacité  en est une autre. La plupart des entrepreneurs ont besoin de formation mais surtout d’accompagnement. C’est ce dernier qui manque gravement dans le continent africain. Beaucoup d’entrepreneurs échouent par manque d’expérience et par manque d’accompagnement. Ainsi, en face des fonds d’appui, il faudra mettre en place des structures d’accompagnement  des entrepreneurs car le suivi doit être permanent. Cela réduirait considérablement les risques de faillite.

En somme

L’entrepreneuriat est une opportunité sans commune mesure pour exploiter le potentiel africain mais il lui faut plus d’encadrement. Pour qu’il puisse jouer son plein rôle en Afrique, il faudra que l’environnement des affaires soit  assaini, que les fonds d’appui soient tropicalisés et qu’un système de suivi efficace soit mis en place.

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